Îlot Sainte-Brigide
Restauration /Requalification / Réaménagement / Nouvelle construction
Client : Centre communautaire Sainte-Brigide
Réalisation : 2007-2015
Restauration /Requalification / Réaménagement / Nouvelle construction
Client : Centre communautaire Sainte-Brigide
Réalisation : 2007-2015
L’îlot Sainte‑Brigide est le fruit d’une mobilisation citoyenne qui a permis de préserver et de transformer un ensemble paroissial laissé vacant à la suite d’un regroupement de paroisses. Sous l’impulsion des résidents du quartier, de la coordination communautaire du CLSC et du Groupe de ressources techniques CDH, le Centre communautaire Sainte‑Brigide a été créé afin d’assurer la vocation sociale du site à long terme et de le revaloriser au bénéfice de la communauté. Le projet s’est développé en collaboration avec plusieurs organismes du quartier à la recherche de nouveaux espaces, dans l’objectif de faire cohabiter une diversité de missions sociales, culturelles et résidentielles au sein d’un ensemble patrimonial reconnu par la Ville de Montréal et le ministère de la Culture et des Communications.
La première phase du réaménagement a mené à la construction d’un immeuble de cinq étages adossé à l’église. Le rez‑de‑chaussée, en façade sur le boulevard René‑Lévesque, accueille deux organismes communautaires qui y disposent de bureaux d’intervention, de salles de formation et de réunion, d’espaces de recherche d’emploi, d’une aire de séjour et d’une cuisine communautaire. Du côté de la rue de Champlain, une coopérative d’habitation pour artistes occupe le rez‑de‑chaussée et les quatre étages supérieurs, regroupant 47 logements, dont 10 unités adaptables et 13 logements destinés aux familles. Une terrasse commune offre une vue dégagée sur le centre‑ville et le pont Jacques‑Cartier. L’ensemble du bâtiment a été conçu selon les normes du programme NovoClimat, assurant une enveloppe performante et une ventilation de qualité. Cette phase a été rendue possible grâce au soutien du programme fédéral SPLI et du programme AccèsLogis du gouvernement du Québec.
Le presbytère, construit en 1908, a également fait l’objet d’une transformation majeure. Après un dégarnissage complet réalisé dans le cadre de travaux de décontamination de l’amiante, les éléments significatifs du décor intérieur ont été démontés, restaurés et réintégrés dans une approche architecturale contemporaine respectueuse de l’histoire du lieu. Le bâtiment accueille désormais En Marge 12‑17, qui y bénéficie de plus de 1 250 m² comprenant cinq logements de transition, un centre d’hébergement d’urgence pour jeunes en situation de rue, une salle de formation, des bureaux de médiation, d’intervention et d’administration, deux salles polyvalentes, ainsi que les ateliers et bureaux du programme de réinsertion Vitrart.
Au fil de son développement, l’îlot Sainte‑Brigide s’est structuré pour accueillir une dizaine d’organismes aux missions complémentaires : un centre de formation et de recherche d’emploi, un centre de jour pour personnes âgées susceptibles d’itinérance, une maison d’hébergement et des logements de transition pour jeunes, une coopérative d’habitation pour artistes, une maison des jeunes incluant un plateau sportif pour la pratique du roller‑hockey, ainsi qu’une palestre de cirque de rue. Cette diversité témoigne de la volonté de créer un lieu vivant, inclusif et ancré dans son milieu.
La transformation du site a nécessité des interventions techniques d’envergure dont les travaux ont été réalisés en lots successifs afin de répondre aux exigences des programmes de financement municipaux, provinciaux et fédéraux, tout en respectant les budgets et les échéanciers établis. Le projet s’est appuyé sur un processus de conception intégré impliquant les citoyens et les organismes partenaires, animé par l’urbaniste Samir Admo. Les consultations publiques ont permis d’obtenir l’appui du quartier et d’ancrer le projet dans les besoins réels de la communauté. La démarche a également été présentée dans le cadre d’un séminaire universitaire dédié à la transformation des lieux de culte, organisé par le professeur Luc Noppen, et a fait l’objet d’un Projet particulier d’urbanisme.
Grâce à l’expertise de Beaupré Michaud et Associés en restauration patrimoniale, le projet a mis de l’avant les meilleures pratiques de conservation, de restauration et de mise en valeur des composantes d’origine. Cette approche a été reconnue dans plusieurs publications, notamment dans Canadian Architect en 2009 et dans le Bulletin du Conseil du patrimoine religieux du Québec en 2013, qui soulignent la pertinence du processus de conception et de participation citoyenne dans la sauvegarde des édifices patrimoniaux.